Montagnes mythiques, les Pyrénées sont habitées depuis toujours par des dieux, des génies, des démons…
Les contes et les légendes des Pyrénées, côtoient familièrement le diable, les sorcières, les dragons et autres géants… forces maléfiques qui exacerbent les peurs…

quelques personnages mythiques

La Trimarde est un croquemitaine (personnage d’origine fantastique qui menace les enfants) ayant la particularité d’avoir l’aspect d’une vieille femme parcourant les routes en quête d’enfants à voler.
Elle est décrite comme portant un sac sur son dos.


Erriape, Erriapus est une divinité d’origine pyrénéenne consacrée sur les lieux d’extraction des pierres (carrières notamment). Plusieurs autels votifs (pièces rectangulaires de marbre ou de calcaire qui comprenaient – en principe- un vœu, un remerciement adressé à une divinité) ont été retrouvés à Saint Béat au nom d’Erriape. Dans cette zone, Erriape à cohabité avec d’autres divinités liées aux carrières comme Silvain.

Sur une face de la carrière de Rapp (Saint Béat), versant Nord-Est de la montagne d’Arri, les habitants connaissaient l’existence d’un site étrange où des alvéoles creusées à même la roche abritaient des bustes et des têtes gravées. Ce monument était appelé « le mailh de la Higouros » (la falaise aux visages / figures).

En 1945, la Société des produits azotés de Lannemezan (65), qui exploitait les déchets de carrières accumulés depuis des siècles met à jour l’ensemble du site antique. Au pied du site présentant des figures anthropomorphes, on a retrouvé une quarantaine d’autels votifs inscrits. Vingt et une dédicaces portent le nom d’Erriape, d’autres autels étaient dédiés à Silvain. Les pièces retrouvées sur le site (fragments d’amphores, céramique sigillée) ont permis de donner une datation approximative du site: du début de notre ère au IIIè siècle.

Aucune autre étude n’a pu être menée car en décembre 1946, un éboulement détruit le site. Heureusement, les autels votifs avaient été sauvegardés. Ils constituent une grande partie de la collection du Musée archéologique de Saint-Bertrand de Comminges (Haute Garonne).


Les Hadas ou hades désignent les fées dans les Pyrénées gasconnes. L’imagerie populaire la plus commune décrit « Hadetta » comme une femme aux pieds palmés.

La tradition populaire les présente comme des êtres déchus de leur statut de « femmes des dieux ». Les pyrénéens, dans leurs croyances et leurs superstitions les ont associées à un environnement qui restait mystérieux pour eux. Ainsi prétend-on qu’elles vivent dans des mégalithes (dolmens, menhirs..), des grottes, sur les bords des torrents.

Il arrive que certaines fées soient associées, dans les superstitions, à des activités quotidiennes, notamment les travaux agricoles. L’agriculture mécanisée que nous connaissons aujourd’hui résiste mieux aux aléas climatiques que celle des siècles précédents. Aussi les paysans, pour conjurer le sort (orages, grèle…) s’en remettaient à ces êtres de légendes. Les Pyrénées sont ainsi pleines de légendes liées aux fées qui interviennent pour chasser les orages, aider le paysan à rentrer sa moisson….

Autre particularité, les fées sont le plus souvent en quête du mariage avec un humain. Selon la tradition, seul le mariage peut les extraire de leur condition d’enchantée. Est-ce une symbolique d’émancipation ou pour rappeler la place du mariage dans des sociétés montagnardes?

Enfin, la fée qui, après s’être mariée, retrouve sa condition d’enchantée, après s’être fait traiter de « fées aux pieds d’oies » est un thème récurrent.


Abellion est la divinité pyrénéenne du soleil assimilable au dieu gréco-latin Apollon. Plusieurs autels votifs et stèles épigraphiques à son nom ont été retrouvés dans les Pyrénées Centrales (notamment à Cardeilhac, Aulon, St Béat, St Aventin, St Bertrand, Montauban de Luchon..).

Dans la vallée de Lesponne (Hautes-Pyrénées), la croix de Béliou (qui fait l’objet d’une belle randonnée) est un exemple du culte solaire rendu dans les Pyrénées. Sur la croix est sculptée un visage (face ronde) qui pourrait être selon les spécialistes une représentation symbolique d’Abellion ou Abelio.

Les nombreux dieux indigènes, comme Abellion, nous sont connus grâce à l’installation romaine dans les Pyrénées. Les romains ayant introduit au cours de leur installation leurs cultes officiels (Auguste, Jupiter, Junon…), un engouement mimétique est né chez les pyrénéens pour les ex-votos (autels votifs). Les Pyrénéens, imitant les romains ont ainsi fait graver une multitude d’autels votifs, en marbre ou en calcaire au nom de ces divinités. Ainsi peut-on connaître aujourd’hui le nom de ces dieux des roches, des arbres, des sources…


Baesert est une Divinité typique du piémont, de la région de Gourdan-Polignan (Haute Garonne). Il pourrait avoir été « un dieu sanglier » selon la gravure retrouvée sur un autel votif de cette localité.


Il s’agit d’un petit génie béarnais. Le nom du Truffandec provient vraisemblablement du verbe « Truffar » qui signifie « Blaguer ». Comme de nombreux personnages de la mythologie pyrénéenne, il offre deux aspects. Il est attaché au foyer.

Petit génie plutôt sympathique aux yeux des Pyrénéens on lui attribue de menus larcins comme le chapardage. Il est aussi tenu responsable des mauvaises fournées de pain. Imitant la voix du boulanger du village il appelle les habitants à déposer leur pâte dans le four du village pas assez chaud et ainsi conduit à gâter la pâte.

 


Garamiote appartient à la catégorie des êtres fantastiques. La tradition le localise en Pays de Foix où les évocations les plus courantes le décrivent comme un gigantesque et féroce chat noir. Il est tantôt assimilé au Diable ou à un Croquemitaine.

 


On retrouve des descriptions du DRAC du Roussillon à la Bigorre. Il est couramment associé à l’eau et présente une personnalité ambivalente aussi bien espiègle que redoutable.

En Ariège, on fait de lui un Diable qui a l’aspect d’un âne (une des figures symboliques du Diable).

Un âne qui, une fois chevauché, s’allonge démesurément pour précipiter ses cavaliers dans un torrent.


La Came cruse: son nom signifie « La jambe nue » puisqu’en Couserans, en Bigorre, en Comminges, elle est décrite comme une jambe portant un œil qui dévale les montagnes la nuit pour effrayer les passants égarés.

C’est une sorte de fantôme, un être fantastique entre le croquemitaine et les « peurs » du folklore pyrénéen.