Trois bergers furent désignés qui gardaient leurs troupeaux sur le plateau de l’Aguila décidèrent un jour de construire une chapelle vers Héas, afin d’honorer la Vierge, protectrice des troupeaux. Tous les jours, trois chèvres sauvages accompagnées de trois chevreaux venaient les alimenter en lait. Jusqu’au jour où mal inspirés, ils décidèrent de manger l’un des chevreaux. Les chèvres qui accomplissaient une mission divine furent alertées par leur instinct et ne revinrent plus, les laissant alors mourir de soif. Nos braves maçons, auteur du sixième péché capital, durent arrêter la construction qui resta inachevée pour redescendre dans la plaine. Une autre version dit qu’ils furent sauvés par les habitants.

Une autre traduction arrive parfois jusqu’à nous, elle est plus complexe : 

On racontait dans les veillées, que des bergers qui gardaient leurs troupeaux sur le plateau de l’Aguila auraient vu deux colombes d’une éblouissante blancheur qui ne cessaient de venir se désaltérer à un ruisseau proche, et repartaient l’une en bas, vers Héas où se trouvait un oratoire,  l’autre vers Poueylaün. Les bergers crurent à un message divin, Poueylaün  possédant déjà une chapelle, ils pensèrent que la vierge voulait également une chapelle à la place de l’oratoire.
Ils la construisirent en se transformant en maçon, mais leur manquait une statue de Marie pour honorer leur travail. Aussi allèrent-ils de nuit en Aragon de l’autre côté de la montagne, au sanctuaire de la Pinède, en traversant le chaos de l’Arayé. Ils s’accaparèrent de la statue du site, sans scrupule,  puisque le vol se faisait sous l’emprise de la Foi. Puis, repartirent aussi vite et discrètement qu’ils étaient venus, mais ne purent s’empêcher de s’arrêter pour dormir au col de Canaou. Sommeil imprudent, car les Aragonais purent récupérer leur bien sans difficulté. A leur réveil, la déception fut grande ; mais leur détermination et leur Foi furent vite récompensées : une source se mit à couler du rocher où la statue avait été posée. Elle prit le nom de fontaine Notre-Dame (hount santa).
Et bien sûr, ils trouvèrent en fouillant le sol devant la source, une autre statue qu’ils amèneront à leur chapelle. Une variante évoque, un second vol de la statue une fois arrivée à Héas par les gens de Luz jaloux ; avec la Vierge qui s’échappent et revient seule chez elle, à Héas en s’arrêtant sur un rocher, le caillou de l’Arayé.