Après le  lac de Lourdes, Dieu, jadis parcourant la terre à la recherche de bonnes âmes, s’arrêta en Haute terre de Bigorre, au village d’estive de Lhéou, vers Campan. Les bergers faisaient alors bombance et le Seigneur déguisé en mendiant leur fit l’aumône, en vain. Il se dirigea alors vers une petite cabane où logeait un pasteur. Celui-ci pris pitié du pauvre ère, lui offrit un couche de paille et un repas fait d’un veau tendre qu’il s’empressa de tuer et de rôtir pour honorer son hôte. À la fin du bon repas Dieu dit : "Mon cher hôte, mettez à part tous les os de ce veau, hors un que je vais prendre." Ce que fis le pasteur. La nuit passée, il se leva et trouva la couche du mendiant vide. Ce dernier était parti. En sortant de sa misérable cabane qu’elle ne fut pas sa surprise de voir, broutant dans son pré, le veau qu’il avait sacrifié la veille ; à son cou pendait une sonnaille dont le battant était fait de l’os qu’avait emporté son visiteur. Cherchant son bienfaiteur, son regard se fixa sur un lac bleu imposant à l’emplacement du hameau de Lhéou que les locaux appelaient Ilhéou. Dieu, comme à Lourdes avait puni les hommes de peu de compassion en submergeant leur hameau. Le pasteur alla prévenir le curé du grand malheur. Une procession parti de Lesponne, afin de prier pour le salut des âmes des englouties. Le lac prit par la suite le nom de lac Bleu, afin d’oublier la triste histoire du village de Léhou-Ilhéou.