D'azur au mouton d'argent sur une terrasse de sinople, à la bordure aussi d'argent chargée de sept flammes de gueules.

pourquoi le blason de Lamarque porte-t-il un mouton ?

selon le livre "Bigorre et quatre vallées" de monsieur LE NAIL, ancien directeur des archives des Hautes Pyrénées, la vocation industrielle de Lamarque est ancienne car dés 1783, les habitants se consacraient "le plus grand nombre à la fabrique des étoffes les plus communes en laine; et les autres à la culture". En 1886, cette proportion s'était inversée ( 6 tisserands et 39 exploitations agricoles ) et l'artisanat diversifiée (carrière , tourbière, menuisiers, maçons ...).

jusqu'au milieu du xviiie siècle, la laine et son principal dérivé, le drap, sont la principale activité textile. Il faut distinguer le drap, étoffe tissée, de types d'étoffes non tissées comme le feutre ou le tricot, autres utilisations communes de la laine. La laine était aussi abondamment utilisée, simplement nettoyée pour le matelassage et le rembourrage.

Au xe siècle, l'essor du drap de laine foulé entraîne la production de différentes sortes de tissus . On fait  la distinction entre cardage (travail à la cardère à petites pointes) et le peignage (travail au peigne à longues pointes). Le cycle complet après lavage comprend cardage, défeutrage puis peignage. 

La laine peignée plus solide est destinée à la fabrication du drap. Ils étaient faits de laine peignée (après cardage ou non) puis lainés (ou grattés) mais non foulés. Ils étaient réputés pour leur solidité et destinés à la fabrication d'habits, de tapis.

Les grands froids sont passés et l'été approche enfin, en tout cas le soleil chauffe un peu notre "couenne" et c'est le moment où notre tondeur nous débarrasse de notre lourd manteau d'hiver qui nous protégeait du froid mais surtout de l'humidité....

Le TRI...

Durant tout l'hiver, nous avons beaucoup aimé nous coucher dans la paille des bergeries !!! A la fin de cette saison, nos toisons ne sont pas des plus propres et le tri n'est pas forcément l'étape la plus agréable. Mais il est utile et nécessaire pour ainsi sélectionner les plus belles laines, ôter les pailles, les excréments, les insectes et les ronces...

Le LAVAGE...

Pendant que nous broutons tranquillement, le travail de nos toisons continue.... Lavage à l'eau de la rivière proche de l'atelier . Il  opère en effectuant plusieurs bains successifs et ce, avec un maximum de précaution (éviter  frottements...) sinon la laine feutre. Outre le fait d'avoir une laine propre, le but est aussi d'enlever le maximum de suint qui est la substance graisseuse de nos toisons. Une fois lavée, la laine est séchée au grand air puis cardée et entreposée au sec en attendant d'être filée.

la laine après séchage
la laine après séchage

Le CARDAGE...

Passage essentiel avant le filage ou le feutrage. Il consiste à aligner toutes les fibres dans le même sens. Un premier "démélage" s'effectue avec une cardeuse à balancier en prenant garde de ne pas arracher les fibres, puis deux à trois passages à la cardeuse à rouleau avant d'obtenir une belle "nappe" de laine.

on pouvait travailler la laine aussi à la cardère à petites pointes et terminer aux peignes à longues pointes 

Etant donné que monsieur Le Nail nous parle de tisserand, il est vraisemblable que nos artisans lamarquais procédaient à la dernière étape:

Le FILAGE... Un vrai bonheur...

Après toutes ces manipulations très "physiques", notre tisserands  peut se "poser" un peu et de ses doigts  transforment notre toison en fil... Quelle merveille que de voir la matière brute s'enrouler sur la bobine du rouet en un fil d'une finesse et d'une solidité incroyable.