le comté de Bigorre

1° ) LE BLASON

d'or à deux lions léopardés de gueules armés et lampassés d'azur l'un sur l'autre
d'or à deux lions léopardés de gueules armés et lampassés d'azur l'un sur l'autre

2°) histoire de la Bigorre

Ancienne province de dialecte gascon qui a formé la majeure partie du département des Hautes-Pyrénées (chef-lieu : Tarbes). Peuplé par les Gaulois Bigerriones, il s'étendait à la fois dans la montagne et sur le piémont. Son premier comte connu apparaît vers 945. Dès 1097, précocité remarquable, le comte Bernard II octroya à la haute Bigorre une charte de coutumes ou for, et plusieurs villes obtinrent des chartes de privilèges au XIIe siècle. Cependant, la liberté personnelle était plus chichement accordée puisque les questaux (assujettis à la taille) formaient 20 % de la population encore en 1313. Profitant d'une succession compliquée — la comtesse Pétronille s'était mariée cinq fois — Philippe le Bel mit la main sur le comté en 1307. Charles VII le céda en 1425 au comte de Foix-Béarn à qui il appartint jusqu'à Henri IV. Sous l'Ancien Régime, les Bigourdans défendent leurs libertés, conservant leurs États, s'abonnant à la taille puis à la capitation, s'insurgeant au XVIIIe siècle contre la gabelle. Par contre, ils se plient aux servitudes communautaires rurales, comme les Béarnais avec lesquels ils ont beaucoup d'affinités. La Bigorre fit d'ailleurs partie tantôt de la généralité d'Auch, tantôt de celle de Pau.

les débuts

Les premiers comtes de Bigorre sont connus par la charte d’Allaon, document qui s'est révélé être un faux notoire datant en fait du xviie siècle. Cette charte fait référence à une autre, celle de Charles le Chauveroi de France, datée du , qui serait le plus ancien texte mentionnant le comté de Bigorre, dont le bénéficiaire est le comte Donat-Loup. Il semble que ce comte Donat-Loup soit plus jeune d'une génération. Si cette charte a réellement existé, elle parle d'un Charles roi des Francs et empereur, il faudrait alors considérer qu'il s'agisse plutôt de Charles le Gros.

La charte d'Allaon tentait de montrer que les premiers comtes de Bigorre descendaient en lignée masculine des ducs d’Aquitaine et des rois mérovingiens, mais cette prétention apparaît fantaisiste. Il est plus vraisemblable de rattacher les premiers comtes de Bigorre aux ducs de Vasconie, également ancêtres probables du roi de Pampelune et des comtes d'Aragon. Ces derniers ont en tout cas privilégié depuis le ixe siècle des mariages avec les comtes de Foix, de Bigorre, les vicomtes de Béarn et les ducs de Vasconie.

La première attestation pour un comte de Bigorre remonte à 945. On mentionne alors Raymond Ier Dat.

 

Raymont I° Dat

marié à Gersende ou Faquilène d’Astarac, fille d’Arnaud Ier comte d’Astarac, sœur d'Arnaud II, et veuve d’Auréol d'Aure († vers 950)4. Auréol d'Aure était peut-être un parent proche voire un frère cadet du comte Ramon Dat (dans ce cas, Faquilène/Gersende aurait successivement épousé les deux frères) ; la Maison d'Aure a probablement donné les vicomtes de Labarthe, les vicomtes de Larboust, une des maisons des vicomtes d'Aster, et les ducs de Gramont.

Gersende, (v.986 † 1003

hérite du comté et se marie avec le comte de Foix Béarn apportant dans sa dot le comté de Bigorre qui se retrouve rattaché au comté de Foix Béarn 

pendant la guerre de 100 ans

1283-1292 : Constance de Moncade († 1310), fille de Gaston VII de Béarn et de Mathe de Matha, fille de Pétronille.

1284-1290 : Le comté de Bigorre est placé sous séquestre du roi d'Angleterre.

1292 : Le comté de Bigorre est placé sous séquestre du roi de France.

problème de succession

Du temps d'Eschivat de Chabanais, le vicomte Gaston VII de Béarn revendique la Bigorre au nom de sa fille Constance de Moncade. Devant la menace Eschivat chercha l'appui de son oncle, le puissant Simon V de Montfort auquel il fit une donation de ses droits sur la Bigorre. Simon cherche alors à dépouiller Esquivat qui doit se retourner vers Gaston VII pour se maintenir. Après la mort de Simon, son héritier vend ses droits au roi Thibaut II de Navarre. Celui-ci tente en 1266 de se rendre maître du comté puis, à la suite d'une trêve, le litige est porté devant le Parlement de Paris. Eschivat se maintient cependant en Bigorre jusqu'à sa mort en 1283. Laure, sœur héritière d'Eschivat est alors promptement évincée de la succession par l'intervention de Gaston VII qui fait reconnaître sa fille Constance par les États de Bigorre. Laure en appelle au roi d'Angleterre qui fait procéder au séquestre du comté en 1284 afin d'étudier le litige. En 1290, un arrêt du Parlement de Paris confirme la suzeraineté de la Bigorre à l'Église du Puy et fait annuler le séquestre anglais. Constance reprend alors possession du comté. Mais dès le , à l'instigation de la reine Jeanne Ire de Navarre, héritière de Thibaut II, un nouvel arrêt du Parlement de Paris ordonne le séquestre du comté par le roi de France jusqu'à résolution du litige sur le titulaire du comté de Bigorre.

1314-1322 : Charles le Bel, dernier fils de Jeanne de Navarre est nommé comte de Bigorre malgré la situation de séquestre du territoire. Il devient roi de France en 1322.

Au traité de Brétigny (1360), la couronne de France doit céder le comté aux Anglais.

1369-1376 : Jean III de Grailly est nommé comte anglais de Bigorre pour mieux défendre ce territoire contre les avancées françaises. Tarbes, capitale du comté, est cependant reconquise dès 1370. En 1373 seul le château de Lourdes reste anglais.

Il faudra attendre 1425 pour que le comté de Bigorre soit rendu à Jean Ier de Foix-Grailly, comte de Foix et vicomte de Béarn en tant qu'héritier direct de Constance de Moncade. Celui-ci avait obtenu en 1407 la capitulation des Anglais de Lourdes. Un arrêt du Parlement de Paris du  lui assure la possession définitive du comté de Bigorre.

Le séquestre du comté a donc duré 133 ans.

comment la Bigorre est à nouveau rattaché au royaume de France en 1607

Finalement, les mariages et les héritages vont rassembler les différentes provinces dans la main d’Henri II de Navarre (1503-1555). De sa mère Catherine de Navarre, il a la Navarre, le Béarn, la Bigorre, l’Andorre. De son père Jean d’Albret, le Périgord et Limoges, de son grand-père l’Albret et de son mariage, l’Armagnac et Rodez. Un joli territoire !

 

 

En 1589, Henri III de Bourbon, roi de Navarre, duc de Bourbon et de Vendôme, comte de Foix, de Périgord, d'Armagnac, de Bigorre et vicomte de Béarn devient roi de France sous le nom d'Henri IV et unit définitivement le comté de Bigorre à la Couronne en 1607.

Ce sera son petit-fils, Henri III de Navarre (Henri IV de France), qui donnera en 1607 ses possessions à la France. La coutume veut que le nouveau roi intègre ses biens personnels à la couronne de France. Exception faite pour le Béarn, la Navarre et le Donezan (Ariège). Louis XIII, fils d’Henri IV, en finira en 1620 avec cette exception.

carte de la Bigorre établi par Pierre Duval, géographe du roi (XVII°)

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